MOUSSA TRAORÉ

Chimères
Exposition prolongée
Uniquement sur rendez-vous du lundi au vendredi de 11h à 18h
Moussa Traoré, Sans titre, © Galerie Atiss

La Danseuse, 2019, acrylique sur tissu, 185 x 150 cm / © Galerie Atiss Dakar

Né en 1988 à Sikasso au Mali, Moussa Traoré est un peintre diplômé de l’Institut national des Arts (INA) et du Conservatoire des Arts Balla Fasséke Kouyaté de Bamako (CAMM-BFK). Élève d’Amadou Sanogo, ami d’Abdoulaye Konate, Moussa Traoré s’adonne à la peinture en s’imprégnant de l’enseignement de ses maîtres. Il s’intéresse inévitablement à l’art du bogolan, textile traditionnel, à ses messages cachés et la symbolique des idéogrammes.

 

À travers de grandes figures chimériques, à mi-chemin entre le monde animal et la figure humaine, l'artiste invoque ce que le monde ne dit pas : « Les hommes ont tendance à oublier cette part animale. On est tous mi-homme mi-animal. » dit-il sur le ton de l’évidence. Thème qui domine ses nombreuses réflexions, l’interrogation de l’identité de l’homme amène l’artiste à créer tout un univers de formes contorsionnées et troublantes. Images saisissantes, ces figures imaginaires nous apparaissent comme des vues de l’esprit, des visions fantasmagoriques dans le néant. Elles flottent. Un onirisme où règne isolement, tourment et incertitude.

 

Les rites traditionnels bambara et bobo occupent l’esprit du jeune peintre. En quête de transmission, il part à la recherche de la parole des sages qui racontent. « La veille de chaque départ au combat, les peuples Bambaras et Bobos organisent de grandes cérémonies dans des grottes. Ils appellent les guerriers et interrogent le sort des combats. L’homme qui me racontait ces soirées traditionnelles est mort. Je cherche encore des récits de notre Histoire » Pour ne pas l’oublier. Lorsque je l’écoute, j’ai l’impression d’avoir sous les yeux ces esprits qui dansent dans l’univers, comme des préfigurations des âmes appelées au combat. Elles veillent, elles interrogent et sidèrent. Si l’artiste est encore marqué par l’héritage des maîtres contemporains, l’exploration d’autres techniques lui donne le champ libre à l’interrogation de sa culture et lui ouvre un monde de représentations personnelles.

 

Puis, marqué par l’œuvre de Miquel Barcelo aux côtés de celles de l’artiste Amahigere Dolo réalisées au Mali, Moussa Traoré explore les moyens de la matière. Il donne à ses compositions relief. Plus denses, ses œuvres paraissent étrangement plus douces et raisonnent avec une tentative de réconciliation de l’être.

 

 « Quand je peins, je ne pense à rien, j’oublie mes douleurs. »

Temps exclu des souffrances, la peinture est pour lui une interrogation sur la mémoire qu’il ne veut pas oublier.

Mathilde Desvages

Moussa Traoré, Sans titre, © Galerie Atiss

Sans titre, 2019.

Acrylique sur tissu, 138 x 106 cm.

© Galerie Atiss Dakar

Moussa Traoré, Sikie, © Galerie Atiss

Sikie, 2018.

Acrylique sur tissu, 85 x 60 cm.

© Galerie Atiss Dakar

Moussa Traoré, Sans titre, © Galerie Atiss

Sans titre, 2019.

Acrylique sur tissu, 120 x 155 cm.

© Galerie Atiss Dakar

Exposition prolongée
Du lundi au vendredi
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